Anacharsis


La légende en fit un sage et un philosophe, et on lui attribut des inventions. Hèrodote dit qu'il avait visité bien des pays, et prouve partout sa grande sagesse.

Voici ce qu'on raconte d'une entrevue de Solon avec Anacharsis, et d'un entretien qu'il eut avec Thalès. Anacharsis étant venu à Athènes, alla chez Solon ; après avoir frappé, il s'annonça comme un étranger qui venait s'unir avec lui par les liens de l'amitié et de l'hospitalité. Solon lui répondit qu'il valait mieux faire des amis chez soi, que d'en aller chercher ailleurs. «Eh bien! reprit Anacharsis, puisque vous êtes chez vous, faites donc de moi votre ami et votre hôte.» Solon, charmé de la vivacité de sa réponse, lui fit le meilleur accueil, et le retint quelques jours chez lui. Il s'occupait déjà de l'administration des affaires publiques, et commençait à rédiger ses lois. Anacharsis, à qui il en fit part, le railla de son entreprise et de l'espoir qu'il avait de réprimer par des lois écrites l'injustice et la cupidité de ses concitoyens. «Les lois, disait-il, seront pour eux comme des toiles d'araignée ; elles arrêteront les faibles et les petits ; les puissants et les riches les rompront, et passeront à travers. - Cependant, lui répondit Solon, les hommes gardent les conventions qu'ils ont faites entre eux, quand aucune des parties contractantes n'a intérêt à les violer. Je ferai donc des lois si conformes aux intérêts des citoyens, qu'ils croiront eux-mêmes plus avantageux de les maintenir que de les transgresser». Une autre fois qu'Anacharsis avait assisté à une assemblée publique, il dit à Solon: «Je suis étonné que, dans les délibérations des Grecs, ce soient les sages qui conseillent et les fous qui décident.»

D'après Hérodote il fut tué par son propre frère d'une flèche.


   RETOUR