Sapho


"Sapho, fut un être extraordinaire, car il n'est pas à notre connaissance, qu'en aucun temps, si loin qu'on puisse remonter, il ait paru aucune autre femme capable de rivaliser avec elle, si peut que ce fut, en matière de poésie" Strabon.

Poétesse grecque née à Lesbos (Mytilène). fille de Skamandronymas, elle avait pour mère Kleis. De neuf livres de poèmes qui comptaient douze mille lignes, il ne nous en reste que six cents en fragments. Elle fut honorée par la Grèce entière de son vivant. Psappha,comme elle s'appelait elle même, était née vers 612, dans la petite ville d'Eresos, à Lesbos. Encore enfant, ses trois frères (Erigyios, Larichos, Charaxos) et sa famille se fixèrent à Mytiléne. En 593, elle figure parmi les aristocrates que Pittacos envoya en exil à Pyrrha. Elle ne passait pas pour une beauté, frêle et de petite taille, les cheveux, les yeux et le teint plus sombres que les grecs ne les aimaient. Mais d'une délicatesse et d'un esprit extrêmement brillant.

En 591 elle épouse un riche marchand d'Antros, d'ou naît une petite fille du nom de Cleis, du même nom que sa mère. Elle hérite à la mort de son mari d'une petite fortune. Elle retourne a Lesbos après cinq ans d'exil..

Sappho - ou Psapphâ, ou Psapphô, ou encore Sapphô - vit à Mytilène où elle dirige une école pour jeunes filles. Auprès d'elle, celles-ci apprennent à lire, à écrire, à danser, à chanter, à se vêtir et à paraître en société.

Elle louait son frère Larichos, parce qu'il faisait fonction d'échanson au prytanée de Mytilène. Charaxos, riche, s'amouracha en Egypte, à Naucratis, d'une courtisane, et gaspilla pour elle sa fortune. Cette courtisane s'appelait Doricha.

De ses neuf livres de poèmes lyriques et de son livre de chants nuptiaux subsistent seulement quelques odes (À Aphrodite, À l'absente, Les Adieux et surtout À l'aimée) et quelques fragments recueillis sur des papyrus égyptiens ayant échappé au moralisme grec du IVe siècle avant notre ère et aux bûchers des moines chrétiens. Ces vers éblouissants, sensibles, témoignent d'une inspiration et d'une tendresse passionnée.

Sa versification est souple et harmonieuse, et à l'origine d'un nouveau type de vers qui sera imité par les poètes latins Catulle et Horace, le vers saphique. Sa renommée de poétesse fut grande dès l'Antiquité, et Platon faisait d'elle la dixième Muse. Si l'on a surtout retenu d'elle ses amours homosexuelles - qui étaient probablement pourvues d'une signification initiatique et spirituelle, comme celles des cercles masculins - et les poèmes qui chantent sa passion sensuelle pour Anactoria, Mnasidice ou Atthis, elle reste la véritable perle du lyrisme grec, tour à tour maudite et adorée, toujours relue et toujours émouvante par la grâce de ses évocations des éternelles inquiétudes de l'adolescence et de l'amour.


 

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