Solon (640-558)


Fils d'Exechestides, homme de peu de crédit et d'une fortune médiocre, mais de la plus illustre maison d'Athènes. Par son père, il tirait son origine du roi Codrus ; et sa mère, suivant Héraclide de Pont, était cousine de la mère à Pisistrate.

Faisant abolition des charges, il efface toutes les dettes contractées soit envers les particuliers, soit envers l'état ; il prohibe l'esclavage pour dette, libère toutes personnes emprisonnées ou bannies pour délit politique, sauf les usurpation de pouvoir.

Invité à devenir dictateur, il refuse. Pour donner un nouveau soutien à la faiblesse du peuple, il permit à tout Athénien de prendre la défense d'un citoyen insulté. Si quelqu'un avait été blessé, battu, outragé, le plus simple particulier avait le droit d'appeler et de poursuivre l'agresseur en justice. la huitième loi de la treizième table de Solon porte «Tous les citoyens qui ont été notés d'infamie avant que Solon fût archonte seront réhabilités, à l'exception de ceux qui, pour cause de meurtre et de brigandage, ou pour avoir aspiré à la tyrannie, ont été condamnés par l'aréopage, par les Éphètes, ou par les rois dans le Prytanée.

Il promulgue une réforme des poids et mesures, la mine pesant désormais 100 drachmes, au lieu de 73 ou 70, pour aligner les mesures Athéniennes sur d'autres en vigueur dans le bassin Méditerranéen et surtout sur les cités achéennes d'Italie du sud, très florissantes. Il oriente l'agriculture vers les cultures arbustières, développe l'industrie céramique et recherche des voies d'approvisionnement régulières en céréales.

En 572 à l'âge de 66 ans et après avoir exercé les fonctions d'archonte pendant 22 ans il rentre dans la vie privé, après avoir demandé aux Athéniens la promesse qu'on ne toucherait pas pendant dix ans aux nouvelles lois qu'il avait établies. Il s'embarqua sur mer. Il espérait que ce temps-1à suffirait pour les accoutumer à ses lois. Il alla d'abord en Égypte auprès d'Amasis. Il eut de fréquents entretiens sur des matières philosophiques avec Psenophis l'HéIiopolitain et Sonchis le Saïte. Ce fut d'eux, au rapport de Platon, qu'il apprit ce que l'on raconte de l'île Atlantide.

Cependant, suivant quelques auteurs, il voyagea moins dans la vue de trafiquer et de s'enrichir, que dans le dessein de connaître et de s'instruire. Il faisait ouvertement profession d'aimer la sagesse et, dans un âge fort avancé, il avait coutume de dire qu'il vieillissait en apprenant toujours. Il n'était pas ébloui par l'éclat des richesses.

A Chypre, il se lia d'amitié avec un des rois du pays, nommé Philocypre, qui habitait une petite ville bâtie par Démophon, fils de Thésée. Elle était située sur un lieu fort et escarpé, mais dans un terrain stérile et ingrat. Solon le persuada de transporter sa ville dans une belle plaine. Il l'aida même à la construire, et à la pourvoir de tout ce qui pouvait y faire régner l'abondance et la sûreté. Philocypre, en reconnaissance pour Solon, donna le nom de Soli à sa ville, qui auparavant s'appelait Aïpéia.

Il partit ensuite vers la Lydie du roi Crésus, à Sarde connue pour ses richesses, avec lesquel il eut un entretien resté légendaire. Il revint ensuite à Athènes pour y mourir. Il survécut assez longtemps à l'usurpation de la tyrannie par Pisistrate. On a dit que ses cendres furent semées dans l'île de Salamine.


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